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Cycle de fresques attribué à Gentile da Fabriano et à ses collaborateurs représentant la Grammaire enseignant à un garçon (1411-1412). Foligno, Palais Tinci. Source : Medioevo, n.9, septembre 2014.

« Il ne s'agit pas de diffuser un nouveau catéchisme, même s'il s'agissait d'un catéchisme populaire et laïque. Il s'agit de former des hommes capables d'exercer un esprit critique. Avoir l'esprit critique signifie vouloir comprendre avant d'accepter toute thèse, pouvoir juger pour pouvoir choisir. »
Du manifeste de Pontigny (1937) sur les missions de l'école publique
(À Pontigny en 1937, le Ministre de l'Éducation française Jean Zay du gouvernement du Front populaire réunit des représentants des forces politiques et sociales françaises et européennes pour discuter de l'école et de l'éducation. Jean Zay fut emprisonné pendant le régime de Vichy après un procès truqué et tué par des militants d'extrême droite en 1944).
USAGES ET ABUS DU NUMÉRIQUE
Aujourd'hui, l'école est profondément conditionnée par la révolution numérique. Le numérique offre de grandes possibilités mais présente aussi des risques. Le réseau conçu par les grands groupes (Google, Apple, Facebook, Amazon) a été pensé comme un système d'interruption de l'attention. Le marketing consumériste a un projet contraire à celui de l'école, qui, pour favoriser la construction de la pensée, a besoin de promouvoir le développement de l'attention profonde. Face à cela, et en attendant des interventions réglementaires de la part des pouvoirs publics, l'école ne doit pas se replier sur elle-même mais s'approprier les nouvelles techniques en découvrant leur rôle positif (comme ce fut le cas pour l'écriture dans l'Antiquité). J'en parle dans cette intervention que j'ai donnée en novembre 2018 pour la maison d'édition LA TECNICA DELLA SCUOLA. Mon intervention (accompagnée de diapositives et d'une bibliographie) est visible et audible sur la chaîne YouTube de la maison d'édition au lien ci-dessous.
LA FORMATION DES ENSEIGNANTS EN FRANCE
Dans les diapositives que vous pouvez télécharger ci-dessous, je me suis occupé de la formation initiale et continue des enseignants en France. L'organisation de la formation initiale est actuellement en cours de modification à l'initiative du Ministre de l'Éducation nationale Jean Michel Blanquer. Voici la situation à l'état actuel (février 2019). Connaître le système français peut être très utile pour réfléchir à la situation actuelle en Italie. C'est dans cette perspective que le sujet a fait l'objet de discussion lors du séminaire d'étude sur FORMATION INITIALE ET RECRUTEMENT DES ENSEIGNANTS organisé à Rome à la Faculté de Médecine et de Psychologie le 9 février 2019 par le Mouvement de Coopération Éducative. Plus bas, l'affiche du Séminaire et un document du MCE sur la formation des enseignants en Italie.
LA PÉDAGOGIE DE LA PREDELLA
Le Mouvement de Coopération Éducative répond à Galli Della Loggia qui début juin 2018 avait écrit dans le Corriere della Sera une série de propositions de réformes pour l'école. Le titre de l'article : DES CHAISES PLUS HAUTES POUR TOUS LES PROFESSEURS. Que le plus grand journal italien, sous la plume d'un de ses éminents éditorialistes, identifie celles-ci comme les priorités pour l'école italienne témoigne de la culture que possèdent nos élites sur les questions éducatives (manifestement jugées si peu importantes qu'elles ne méritent pas d'approfondissements adéquats).
Voir ci-dessous la réponse du MCE
ÉCOLE : QUELQUES RÉFORMES POSSIBLES ET NÉCESSAIRES
La période électorale est peut-être la plus appropriée pour réfléchir aux réformes possibles, y compris dans l'école. J'ai donc osé rédiger un document dans lequel, après une analyse de la situation actuelle du système éducatif, je formule quelques propositions d'intervention. Dans le document, je n'énumère que quelques interventions. Elles ne sont pas toutes nécessaires mais j'ai tout de même essayé de toucher les points qualificatifs. Les propositions s'inscrivent dans le cadre d'une révision générale du modèle managérial qui modifie progressivement l'école publique.
LE MODÈLE MÉDICAL EN ÉDUCATION
Il est évident depuis un certain temps que de nombreux problèmes d'ordre éducatif et social sont devenus de la compétence de la médecine et de la psychologie. Cela est également dû à des dispositions récentes qui ont élargi le champ des "troubles" faisant l'objet de certification. Dans cette brève contribution, j'examine les risques sociaux qui peuvent découler de l'action de "médicalisation".
Alain Goussot, Risques de médicalisation à l'école
Au lien ci-dessous, vous pouvez lire un article d'Alain Goussot de 2015 sur l'intrusion du modèle médical dans l'éducation. Alain Goussot est décédé en 2016.
Formation à la carte
Dans le document ci-dessous, je propose quelques réflexions sur le système de formation initiale et en service des enseignants, également à la lumière du D.L. n.59 du 13 avril 2017 (formation initiale des enseignants du secondaire). Dans l'article, j'avance la thèse suivante : en général, le système introduit constitue un exemple d'affaiblissement progressif de la responsabilité collective concernant la formation des enseignants.
L'école entre nostalgie du passé et repli sur la sphère privée
Ci-dessous, un de mes articles où j'aborde un thème d'actualité : que faire face à la perte de crédibilité de l'institution scolaire, à la chute des compétences et des connaissances chez les élèves et à une crise générale de l'autorité ? Dans ce document, j'analyse de manière critique deux positions très répandues : d'une part, la nostalgie des relations verticales du passé, d'autre part, le repli sur la sphère privée avec l'abandon de l'école publique à son sort. Je propose une voie différente, dont le point de départ est le principe suivant : l'école doit savoir relever le défi de l'éducation face à une société envahie par les individualismes, la recherche de l'utilité immédiate et l'incapacité croissante à la réflexion critique.
EST-IL ENCORE IMPORTANT DE BIEN ÉCRIRE ?
Dans cet article, Claudio Giunta intervient sur un thème qui a fait l'objet de discussions ces dernières semaines : la faible compétence linguistique des nouvelles générations d'étudiants.
Selon l'auteur, la compétence en écriture, le fait de savoir écrire correctement, décline aussi pour une raison très simple et concrète, une raison qui – peut-être inconsciemment – est bien claire pour les étudiants pressés d'obtenir leur diplôme (et plus encore pour leurs familles qui les soutiennent), à savoir que savoir écrire correctement, au final, n'est plus si important. Ce ne l'est plus, écrit Claudio Giunta, parce qu'écrire (et même écrire pour un public) est devenu une activité ordinaire comme parler ou lire. Ainsi, beaucoup de ceux qui écrivent sont indifférents aux règles de la bonne forme, ou ne les ont jamais vraiment apprises. L'analyse de Claudio Giunta est pertinente aussi parce qu'elle va au-delà des analyses naïves et simplistes du manifeste rédigé par le Groupe de Florence pour l'école du mérite et de la responsabilité (voir le document ci-dessus). Apprendre à écrire et à lire n'est pas seulement un détail technique mais c'est la condition de la profondeur de la pensée et d'une entrée dans le monde symbolique. La capacité d'argumenter et l'imagination narrative sont les conditions pour devenir des citoyens conscients capables de se confronter à la complexité du monde qui les entoure. Donc, le fait que pour une grande partie de la société d'aujourd'hui cela ne soit plus important n'est pas une bonne nouvelle. C'est une nouvelle qui engage les enseignants dans un travail difficile mais auquel on ne peut se soustraire, en prenant soin, en premier lieu, de leur propre capacité à bien écrire.
Ci-dessous le lien vers l'article complet.
Aujourd'hui, en raison de la forte concurrence internationale, sous la pression des gouvernements et des marchés, nous assistons à un fort développement de l'évaluation institutionnelle. Aujourd'hui, cette évaluation risque de se superposer à l'évaluation pédagogique, en lui imposant des logiques qui lui sont étrangères. Dans cette contribution, j'examine le cadre de l'évaluation institutionnelle dans un pays proche de nous, la France, qui a joué par le passé un rôle important dans l'inspiration de l'organisation politique et administrative du jeune État italien. J'effectue enfin quelques analyses et comparaisons avec le système italien d'évaluation institutionnelle.
LES ÉCOLES ITALIENNES À RISQUE SISMIQUE
Dans l'article ci-dessous, Egidio Lucchini effectue une analyse de l'insuffisance et de la négligence du bâti scolaire en Italie. Dans un pays à haut risque sismique, 60 % des écoles ont été construites avant l'entrée en vigueur des normes antisismiques (1974). Tout cela rend nécessaire une programmation rationnelle des interventions, qui s'annonce de toute façon longue et complexe. L'article a été publié dans la Gazzetta di Mantova le 4 janvier 2017.
ÉVALUATION EXTERNE DES APPRENTISSAGES SCOLAIRES : LE CAS INVALSI
Dans le n. 1/2014 de la revue Pédagogie plus Didactique a été publié une de mes contributions sur l'évaluation externe des apprentissages scolaires avec une référence particulière aux enquêtes menées en Italie par l’INVALSI. Voici un bref résumé de l’article :
La question de l'évaluation externe des apprentissages scolaires a pris un rôle de plus en plus central dans la régulation des systèmes de formation. Cet article examine tout d'abord le contexte historico-politique international dans lequel le sujet a été abordé. Sont ensuite analysés les principes épistémologiques qui inspirent la méthode de collecte et d’analyse des données adoptée en Italie par le Système National d’Évaluation (Invalsi). Le paradigme empiriste qui en ressort inspire une méthode qui, à travers l’analyse des comportements des élèves, permet d’acquérir des données comparables entre elles et utilisables au niveau statistique. Il est cependant très douteux que les tests utilisés jusqu’à présent parviennent à évaluer les compétences complexes, celles qui sont les plus significatives dans la formation. Les résultats des enquêtes ne peuvent donc pas être considérés comme le principal point de référence régulateur pour les enseignants. Il s’agit plutôt d’hypothèses sur certains types d’apprentissages des élèves, ceux jugés les plus fonctionnels à des politiques éducatives de plus en plus orientées vers une relation étroite entre l’école et le monde du travail.
ÉPREUVES INVALSI
Sur les tests INVALSI, voici quelques articles d'analyse (la source est pour tous le site www.roars.it)
Enrico Rogora, Les tests INVALSI sont-ils scientifiquement solides ? Renato Miceli, Invalsi, Test d'apprentissage à l'école.
Renato Miceli, Invalsi, Test d'apprentissage à l'école
Angela Angelucci, OCDE PISA et Invalsi
La veille de Pâques 2016, Alain Goussot, pédagogue et éducateur, est décédé subitement. Alain Goussot a toujours pratiqué une pédagogie active, militante, aux côtés des plus faibles, des plus vulnérables, qu'ils soient handicapés, migrants, pauvres ou défavorisés socio-culturellement. En cela, il s'est inscrit dans la parfaite continuité des meilleures traditions de la pédagogie spécialisée. Ci-dessous, je publie une note biographique sur Goussot et le souvenir de ses deux amis, Angelo Errani et Dimitris Argiropoulos. Alain Goussot laisse quatre enfants et une épouse malade. La famille est maintenant exposée à de graves difficultés économiques. C'est pourquoi la Société Italienne de Pédagogie Spéciale a lancé une souscription à laquelle j'adhère volontiers. Ceux qui souhaitent apporter un soutien financier peuvent trouver les indications dans le document ci-dessous :
SERA-T-CE UNE BONNE ÉCOLE ?
Observations et réflexions sur la loi 107
Dans cet article, j'ai essayé d'apporter une contribution à la compréhension de la loi n° 107 (appelée de façon emphatique "Bonne école"). J'ai tenté de présenter les données de la manière la plus claire et la plus complète possible et j'ai donc mené mes analyses critiques. J'espère avoir réussi à tenir mon engagement.
SANS L’ÉDUCABILITÉ DE TOUS, IL N’Y A PAS DE PÉDAGOGIE MAIS REPRODUCTION DES INÉGALITÉS
La pédagogie moderne naît lorsque naît chez certains la conviction que tous les hommes peuvent être formés et aspirer à un avenir meilleur. Après plus de deux siècles, la psychologie des dons continue encore d’agir. Marco Romito le démontre dans la belle étude « Une école de classe » (Guerini). L’enquête de Romito montre comment les conseils d’orientation des enseignants du collège sont conditionnés par l’appartenance sociale des élèves. Dans le discours et la pratique des enseignants se reflète donc la duplicité d’une institution scolaire qui affirme être fondée sur des principes d’égalité et d’égalité des chances alors qu’en réalité elle reproduit activement l’inégalité sociale.
La tâche principale de l’école démocratique est la réduction des inégalités culturelles et des échecs scolaires. Ce n’est que si elle y parvient que l’on peut ensuite parler de méritocratie. Parfois, l’école essaie de le faire, même si ce n’est pas avec beaucoup de succès, d’autres fois elle ne le fait pas du tout mais agit en sens inverse en exerçant une « violence symbolique » sur les élèves. Les élèves les plus faibles et défavorisés finissent ainsi par croire que leur avenir est prédestiné selon leurs « dons naturels ». La pédagogie n’a pas l’obligation des résultats (comme beaucoup le voudraient) mais au moins celle des moyens. Entre les années 60 et 70, tout cela était le pain quotidien de la réflexion pédagogique et sociologique. Aujourd’hui, on ne peut pas en dire autant. Il est donc bon que tous les enseignants s’interrogent quotidiennement sur la délicatesse de leur rôle et sur la tâche principale de la pédagogie : l’émancipation des individus, tous, pas un de moins. En inventant les outils didactiques les plus utiles à cet objectif (situations didactiques actives, centralité de l’évaluation formative, etc.). Ci-dessous, une critique de l’ouvrage :

L'ÉCOLE MATERNELLE PREMIER NIVEAU DU SYSTÈME D'INSTRUCTION
La Loi n° 107 délègue au gouvernement la promulgation d’un décret délégué de réorganisation des « services » éducatifs pour le secteur 0-6 ans. Ci-dessous, l’avis critique de Francesco Greco (Association Nationale des Enseignants) afin de sauvegarder l’école maternelle comme premier niveau du droit à l’étude (et non simple « service ») ainsi que sa gestion par l’État. Le projet de loi actuellement en discussion met en effet fortement en danger ces points fondamentaux qui sont constitutionnels. L’État s’engage à généraliser l’école maternelle mais parle de « services » et en délègue la gestion aux Régions, Communes et privés. Plus bas, l’avis d’Antonia Sani (Association pour l’École Publique). :
Les raisons de l'école publique.
Aux origines d'un choix : les thèses de Condorcet
L’idée de l’école publique a une histoire noble et des pères fondateurs toujours actuels. Repartons de Condorcet en lisant un de ses petits livres denses et clairs sur le sujet : les cinq mémoires sur l’instruction publique, écrits pendant la Révolution française :
DROITS CIVILS UNIVERSELS VS. DROITS D’APPARTENANCE
En prenant comme point de départ un fait d’actualité de ces derniers jours, je propose quelques réflexions sur le type de coexistence que nous entendons construire en Italie, sur la nature du pacte qui unit les personnes vivant sur le même territoire (avec des responsabilités inévitables sur le plan éducatif) :
L’ÉDUCATION FACE À LA BARBARIE
L’attentat barbare de Paris du 7 janvier 2015 se caractérise immédiatement par sa haute valeur symbolique. Quelles questions cet événement pose-t-il à l’école et au monde de l’éducation ? Vous trouverez ci-dessous un de mes articles sur le sujet :
LAÏCITÉ ET ÉCOLE, LAÏCITÉ DANS L'ÉCOLE
Le problème de la laïcité ne concerne pas seulement les relations entre l'État et les appartenances religieuses, mais aussi la dimension pédagogique et formatrice. La laïcité, c'est en effet apprendre à résister à toutes les formes de manipulation, de dogmatisme, même lorsqu'elles proviennent de ceux qui veulent nous émanciper ; c'est apprendre à faire prévaloir « l'exigence de vérité » (sur laquelle reposent les argumentations rationnelles) sur les opinions superficielles et les préjugés. D'où la tâche centrale de l'école et des enseignants. Voici un de mes documents sur le sujet :
COMPÉTITION ENTRE LES ÉCOLES, COMPÉTITION DANS L'ÉCOLE
Depuis une vingtaine d'années, le modèle pour améliorer l'école semble être celui de la recette libérale : l'école est elle aussi une entreprise et, à ce titre, doit garantir des résultats en termes de produit. En mettant en concurrence les écoles publiques, en reconnaissant l'égalité avec les écoles privées et en comparant les « produits », on stimulerait chacune d'elles à s'améliorer pour ne pas rester en arrière. J'ai déjà retracé cette affaire dans un document publié sur cette page (voir « Autonomie scolaire »). Entre-temps, le projet qui se fonde sur le prétendu rôle positif de la compétition (entre les écoles et dans l'école) est en train de devenir de plus en plus réalité. Dans le document qui suit, j'analyse les dernières phases.
ÉCOLE, INSTITUTION DE LA RÉPUBLIQUE
En marge du récent débat sur la réforme de l’école, vous pouvez lire un de mes articles dans lequel j’approfondis certains thèmes. Dans l’article, il est fait référence à l’intervention d’un autre observateur qui, sur le site www.pavonerisorse.it, a commenté de manière critique mon article « Bonne école ? » (voir ci-dessous). Je joins également un lien vers ce texte :
BONNE ÉCOLE ?
Vous pouvez télécharger ci-dessous un de mes documents de commentaire sur la récente proposition du Gouvernement de réforme de l’école. Le document a été publié en français sur le site de Philippe Meirieu :
LE PROFESSEUR KEATING EST-IL UN BON ÉDUCATEUR ?
Dans l’article qui suit, je propose quelques réflexions sur le rôle de l’enseignant à partir de l’interprétation de Robin Williams, récemment disparu, dans le film « Le Cercle des poètes disparus » (Dead Poets Society, dans la version originale) :
LA LEÇON DE MARIO LODI
Ci-dessous, vous pouvez lire un de mes articles écrit à l'occasion de la disparition de Mario Lodi, maître et éducateur :

PRINCIPES POUR UNE ÉDUCATION DÉMOCRATIQUE
Ce document a été rédigé par Philippe Meirieu, pédagogue français et professeur à l’Université de Lyon. Je le remercie de m’avoir aimablement autorisé à le traduire en italien. Dans le texte qui suit, Meirieu indique ceux qui, selon lui, sont les postulats, les principes qui caractérisent l’école dans un État démocratique et de droit. Pour beaucoup de ces principes, des générations d’éducateurs, d’enseignants, de citoyens se sont battues, au point qu’ils ont fini par être considérés comme acquis. Les événements des vingt dernières années nous ont ramenés à la réalité. L’école comme lieu d’émancipation des individus, invention récente de l’Occident, est une construction historique qui pourrait aussi être abandonnée dans un avenir proche. D’où l’importance de ce document. Il rappelle à tous que, comme le dirait Meirieu, « la pédagogie est un sport de combat ». À la base de tout projet pédagogique, il y a une foi et un espoir communs. Sans une « religion civile », ni les nations ni leurs systèmes éducatifs n’avancent. La foi dans l’éducation démocratique repose sur la conviction que personne ne doit être condamné à l’exclusion, que la transmission de la culture n’a pas tant pour objectif de sélectionner les élites ou les plus aptes au marché du travail, mais avant tout d’émanciper et de faire grandir les individus dès leur plus jeune âge. De tout cela, Philippe Meirieu écrit avec lucidité et clarté en précisant une série de « points fixes ». Je vous invite donc à lire ce document. La conscience de la mission éducative de l’école, l’espoir dans le sujet de demain est le pari qui nous anime chaque jour et oriente tout ce que nous faisons. Sans cet espoir, notre travail n’aurait plus aucun sens.
AUTONOMIE SCOLAIRE : CHRONIQUE D’UNE RÉFORME (ET DE SES LIMITES)
En Italie, lorsqu’on parle des problèmes de l’école, on les met presque jamais en relation avec la réforme majeure qui l’a transformée après 2000, celle de l’autonomie. Je me rends compte qu’en formulant des critiques au projet initial estampillé centre-gauche, je commets un acte de lèse-majesté. En posant comme préalable que mon point de vue peut naturellement être partagé ou non, je demande simplement que l’on puisse commencer à réfléchir non seulement sur les dernières réformes dévastatrices mais aussi sur leurs prémisses. L’autonomie, telle qu’elle a été réalisée, ne doit pas être un a priori. C’est une réforme organisationnelle de l’école qui, comme d’autres, a ses points forts et ses faiblesses. Ma thèse, en particulier, est que l’autonomie des écoles en Italie s’est réalisée en remettant en question certains principes fondamentaux que l’école, en tant qu’institution, devrait garantir. Une conception de l’école comme simple « service » s’est de plus en plus imposée, avec de larges concessions à sa version consumériste (concurrence entre écoles, cours à la demande, etc.). Un modèle tout à fait discutable, qui d’ailleurs a été mis en œuvre de manière peu cohérente et incomplète (et donc avec de grandes réserves quant à son efficacité, ainsi qu’à son équité). Lire le document :
Sur le site d'Eurydice, il est possible de télécharger la recherche sur le niveau d'autonomie de gestion et pédagogique des écoles dans les pays européens :
COLLÈGE UNIQUE : 1963 – 2013
Le collège unique ouvert à tous fête ses cinquante ans. Il a en effet commencé lors de l’année scolaire 1963/64. Vous pouvez lire un de mes articles qui rappelle cette période, avec les rappels nécessaires à l’actualité, dans ce document :
LE MYTHE TECHNOLOGIQUE DE L’ÉDUCATION
Le mythe technologique est aussi ancien que l’homme. C’est le mythe de la fabrication de l’autre, bien représenté par l’histoire de Frankenstein, thème du célèbre roman de Mary Shelley. De la même manière, on peut dire qu’on peut “construire” un élève, donc une personne, en assemblant une série de savoir-faire, auxquels, à travers un glissement sémantique attentif, on donne le nom de “compétences”. Une nouvelle hégémonie culturelle, celle de l’école “productive”, remet au goût du jour un vieux mythe. De cette façon, on dénature le concept de compétence,qui, s’il est compris dans toute sa complexité, présente de grands avantages pédagogiques : celui de s’opposer à la “psychologie des dons” (on ne naît pas avec des compétences mais on peut les apprendre, d’où l’importance de l’éducation) et celui d’attirer l’attention sur l’importance du transfert, c’est-à-dire sur la nécessité de savoir utiliser une connaissance dans un nouveau contexte. Un document sur ce thème ci-dessous :
SYSTÈME D'ÉDUCATION ET ÉCOLES PRIVÉES
À Bologne, au mois de mai 2013, un référendum a eu lieu. Le comité promoteur demandait l’abrogation du financement de la commune aux écoles maternelles paritaires. La question posée par le référendum de Bologne, même au-delà de son résultat spécifique, va bien au-delà des frontières émiliennes. Elle rouvre en effet la question de l’organisation et de la gestion de l’école et des services éducatifs, de la laïcité de l’État et des institutions publiques et du rôle exercé par les écoles non étatiques. La revue Infanzia a participé à ce débat en publiant un article signé par moi-même et un autre signé par Egidio Lucchini, collaborateur historique de la revue. Vous pouvez lire ci-dessous les deux articles et faire vos propres évaluations sur la question :
L’ÉDUCATION ET LES RISQUES DU PRÉJUGÉ
Le préjugé est aussi ancien que la société humaine. Il a en effet exercé une fonction sociale en rendant complètement clair ce qui est indéfini. Le préjugé sert à exorciser les peurs mais tend à nous absoudre de toute responsabilité. Lorsqu’il s’étend, il devient un pas en arrière pour la société, un retour à l’homme primitif qui rejette toute différence en en faisant un ennemi, méconnaissant toute la tradition biblique, qui à partir de l’épisode de Caïn (où Dieu punit mais ne tue pas) nous a aidés à élaborer la reconnaissance de l’autre. Dans le document qui suit, j’aborde ce thème et ses implications dans le domaine éducatif.
QUAND L’ANGLAIS EST PROVINCIAL : LANGUE ITALIENNE ET MULTILINGUISME
Ci-dessous, un de mes articles sur le multilinguisme et l’usage de l’anglais en Italie, y compris en ce qui concerne l’école. Le deuxième document est le texte de la Commission européenne (2005) consacré à la politique du multilinguisme. Le document a été rédigé par Esperanto Radikalia (voir www.democrazialinguistica.it) :
Contre l'utilisation exclusive de l'anglais dans les universités italiennes. La promotion de la langue nationale est un devoir civique et engage également le système éducatif. Voici un article intéressant de Lorenzo Tomasin sur le sujet.
« EXPERTS » MONDIAUX vs. DÉMOCRATIE
Des « experts » de l’éducation réunis par le WISE (Forum mondial sur l’innovation et l’éducation), organisation de la Qatar Foundation, pour parler de l’avenir de l’enseignement et des systèmes éducatifs. Ci-dessous une analyse attentive de Philippe Meirieu (français). Plus bas, le site du WISE (anglais) :
Concilier études et sport
Silla Gambardella, journaliste et écrivain, interviewe Monica Mesce, directrice de l’Institut Milano, un lycée qui a prévu un parcours de formation pour les jeunes athlètes :
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